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Études supérieures : les « tips » pour alléger la facture
3 240 euros. C’est ce que coûte cette rentrée à un étudiant non boursier qui quitte le domicile familial, selon l’indicateur annuel sur le coût de la rentrée universitaire publié ce 2 septembre par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Un record, avec une hausse de plus de 25% depuis 2020. Soit largement au-delà de l’inflation cumulée (16%) sur la même période. Le logement explique l’essentiel de la dérive : 637 euros en moyenne cette année, contre 581 euros l’an dernier.
Et cette facture, dans l’immense majorité des cas, ce sont les parents qui la règlent. Rappelons d’ailleurs que votre obligation d’entretien ne s’arrête pas au dix-huitième anniversaire de votre enfant : tant qu’il poursuit des études et ne peut pas subvenir seul à ses besoins, elle continue. Autant l’organiser plutôt que la subir. Voici quelques astuces pour financer les études supérieures de votre chérubin.
1. Commencez à épargner le plus tôt possible
Plus vous commencez à épargner tôt, moins l’effort financier à fournir chaque mois sera important. Mettre de l’argent de côté dès la naissance de votre enfant permet d’étaler l’effort sur près de 18 ans.
Pas besoin nécessairement de verser des sommes importantes. Une petite épargne régulière (par exemple, 50 euros tous les mois) peut déjà constituer un capital appréciable sur une aussi longue période. Vous pouvez également profiter des anniversaires, de Noël ou d’une rentrée d’argent exceptionnelle pour alimenter cette cagnotte.
Épargnez sur un contrat ouvert à votre nom plutôt qu’au nom de votre enfant. Sinon, vous prenez le risque qu’à sa majorité, votre chère tête blonde dilapide le capital épargné pour tout autre chose que ses études.
Mieux vaut privilégier une enveloppe de long terme alimentée par des versements programmés. L’assurance vie est idéale car les retraits (appelés « rachats ») peuvent être effectués à tout moment. Si vous avez ouvert le contrat depuis plus de huit ans, vous percevrez les gains issus des rachats en franchise d’impôt à hauteur de 4 600 euros par an si vous êtes célibataire ou de 9 200 euros par si vous êtes marié(e) ou pacsé(e). Quelle que soit la durée de détention, le capital racheté n’est, lui, pas imposé.
Enfin, pensez à mobiliser les grands-parents. Le don familial de sommes d’argent permet de transmettre 31 865 euros exonérés de droits de donation, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le petit-fils ou la petite-fille ait au moins 18 ans. Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration se fait en ligne, dans le mois qui suit le don.
2. Essayez d’évaluer la facture à l’avance
Toutes les études supérieures ne coûtent évidemment pas la même chose. Étudier dans une université publique en restant chez ses parents n’a rien à voir financièrement avec une école privée assortie d’un logement dans une grande ville.
Pour l’année universitaire 2026-2027, les droits d’inscription s’élèvent à « seulement » 178 euros en licence, 255 euros en master et 398 euros en doctorat, auxquels s’ajoute la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) de 105 euros. Mais une année dans une « business school » ou une école privée d’ingénieurs peut facilement être facturée 10 000 euros. Soit la bagatelle de 50 000 euros en prenant en compte l’ensemble du cursus en cinq ans (avec les deux années préparatoires intégrées).
Posez-vous notamment les questions suivantes :
• Votre enfant pourra-t-il rester au domicile familial ?
• Faudra-t-il financer un logement ?
• L’établissement envisagé est-il public ou privé ?
• Des études ou des stages à l’étranger sont-ils probables ?
• Quelles dépenses quotidiennes devrez-vous prendre en charge ?
Vous disposerez ainsi d’un ordre de grandeur du budget à prévoir et pourrez mesurer l’écart avec l’épargne déjà constituée.
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3. Ne comptez pas uniquement sur votre épargne
Vous n’avez pas réussi à mettre suffisamment d’argent de côté ? Pas de panique. L’épargne familiale n’est pas la seule source de financement possible.
Selon votre situation et celle de votre enfant, plusieurs pistes peuvent se compléter : bourses sur critères sociaux, aides au logement, aides des collectivités locales, formation en alternance, job étudiant ou encore prêt étudiant.
Sur ce dernier point, sachez qu’il existe un prêt étudiant garanti par l’État. Le capital prêté est garanti à hauteur de 70% par l’État. Deux conditions doivent être remplies pour en bénéficier : l’emprunteur doit avoir moins de 28 ans et le montant prêté ne peut excéder 20 000 euros.
Pensez également à la garantie Visale. Cette caution gratuite d’Action Logement (ex-1% Logement) vous dispense de vous porter garant. Utile si vos revenus sont irréguliers, ou si vous garantissez déjà les loyers de vos autres enfants.
Prenez le temps d’étudier toutes ces solutions avant le début des études. Certaines aides doivent être demandées plusieurs mois à l’avance et sont soumises à des conditions de ressources ou de situation.
4. Faites participer votre enfant
Financer ses études ne signifie pas nécessairement tout payer à la place de votre progéniture. Un job d’été, un petit boulot à l’année ou une formation en alternance peuvent lui permettre de prendre en charge une partie de ses dépenses.
C’est aussi une bonne occasion de lui apprendre à gérer un budget. Déterminez ensemble ce que vous financerez et ce qui restera à sa charge. Plus les règles sont claires au départ, moins les mauvaises surprises seront nombreuses.
Attention, toutefois, à ne pas pousser votre enfant à travailler au détriment de ses études. L’objectif reste qu’il obtienne son diplôme dans de bonnes conditions.
5. Ne sacrifiez pas votre retraite
C’est sans doute le conseil le plus important. Vous aurez naturellement envie d’aider au maximum votre enfant. Mais évitez, autant que possible, de vider toute votre épargne ou d’abandonner votre propre effort de préparation à la retraite.
Votre enfant dispose de plusieurs décennies pour construire sa vie professionnelle et financière. Vous aurez beaucoup moins de temps pour reconstituer votre patrimoine à l’approche de la retraite.
Il faut donc trouver le bon équilibre entre solidarité familiale et préservation de vos finances.
Mes conseils
N’attendez pas Parcoursup pour vous préoccuper du financement des études de vos enfants. Même si vous ignorez encore s’ils deviendront ingénieur, médecin, avocat ou enseignant, vous savez une chose : leurs études auront probablement un coût.
Commencez tôt, épargnez régulièrement, estimez plusieurs budgets, ouvrez une assurance vie dédiée à ce projet et renseignez-vous sur les aides disponibles. Et surtout, associez votre enfant à la réflexion.
Après tout, préparer ses études, c’est déjà lui apprendre à préparer son avenir.
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✏️ Par Jean-Philippe Dubosc, rédacteur en chef de ToutSurMesFinances.com
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